Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /Déc /2009 20:08

Aujourd’hui je pense à toi, mais comme l'on pense à un papa,
Tu m’as tant donné et tout appris, je croyais en toi!

Aujourd’hui je crois en moi mais je tremble encore tellement !
Je regarde mes mains sur ces feuillets retrouvés et mes mains sur le clavier,
Je n’étais pas si sûre de me relever,


Ma vie est faite de hauts et de bas,
J’oscille entre le plaisir de mon autonomie et la déception d’être passée à côté de tellement d’événements,
Mes petites étoiles me donnent l’envie et l’énergie de continuer, par curiosité peut-être,
Pour voir de quoi sera fait mon lendemain,


La danse anime mon corps comme autrefois le théâtre le faisait vibrer,
Je ressens pleinement mes douleurs et mes plaisirs, je les transmets aussi,
Elisa suit le même chemin, ce lien entre nous, est un moment très fort, très doux,
Nous dansons ensemble comme autrefois je jardinais ou dessinais avec toi,
Zoé-ma-vie est plus câline, notre lien passe par les fous rires et les câlins,
Je vous aime tant mes enfants...

 

J’ai tant vécu que je sens souvent la fatigue poindre en moi,
J’ai déjà quarante ans tu vois, l’âge que tu avais quand le mauvais sang s’est emparé de toi...


J’ai peu de contact avec les autres, l’extérieur me fait encore froid,
Je me sens mieux là, chez moi, enclave protégée et feu de bois,
J’ai repris la maison, seuls quelques aménagements ont changé,
Le verger est toujours là avec la pergola, au loin la rivière, la forêt,
Au-delà, je ne sais pas...

 

J’ai arrêté d’exercer, les souffrances des gens me heurtaient trop, je ne pouvais plus les gérer,
J'avais besoin d’être apaisée, j’étais tellement à vif après toi,
J’écris des livres pour les enfants, des petits contes imagés,
Des histoires de princesses et de rois, que j’illustre par mes aquarelles,
Ne mets pas trop d’eau, Carole. Comme cela, papa ?

 

Aujourd’hui j’aime ma vie!
J’ai envie de le crier haut et fort, de me l’entendre dire,
Je crois qu'au fond, j’ai toujours eu foi en moi,
C’est en les autres que j’ai plus de peine à fonder ma confiance,
Je ne les connais pas, les côtoyer me procure encore tant d’effroi,

 

Zoé et Elisa me tirent par la manche, mes petits traits d’union vers l’extérieur,
Leur sociabilité m’émeut et me bouleverse,
Je leur aurai au moins appris cela, 
Mes filles m’apprennent les autres comme tu me protégeais d’eux, autrefois,
J’ai mal de les avoir reniées tu vois,
C’est cette nouvelle douleur qui me permet d’avancer, de vouloir faire mieux et de me faire pardonner,

 

Aujourd’hui je donne ma vie à Zoé et Elisa,
Je vais les aider à grandir, je serai là pour elles, en pointillé,
Je me ferai, mère de l’ombre, pour qu’elles puissent se camper bien droites sur leur deux jambes,

 

Aujourd’hui je te dis adieu, papa. Envole-toi.

 

 

 

 

 

 

 

Par Capu
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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /Déc /2009 00:22

Je retrouve ce texte aujourd’hui,
La distance s’est faite, elle a tant déchiré,
La maison est remplie de cris, de vie, mes enfants sont là avec moi,
Bien sûr que je pense à toi... 
Mais comme l’on pense à quelque chose de doux qui s’est passé autrefois,

 

Je repense à ce que j’ai vécu, à cette séparation forcée d’avec toi,
Aurais-je pu vivre les choses autrement ?
Je regarde Elisa et Zoé... Les vois-tu parfois ?
Comme elles ont grandi... Regarde-les, papa...
Je ne suis pas la mère que j’aurais aimé être tu vois,
Elles ont souffert de mon absence, de ma séparation avec leur papa,
J’ai raté un bout de leur enfance, je n’ai pas toujours été là,


J’essaye de rattraper ce temps aujourd’hui, d’être présente pour elles, vraiment présente,
Je les regarde évoluer librement, petits bouts d’adultes,
douze et dix ans déjà,
Leur autonomie me fait mal et me soulage tellement à la fois,
Mon absence aura au moins servi à cela : elles n’ont pas besoin de moi, ce besoin viscéral qui me liait à toi,
Je les regarde s’interpeller, jouer,
Me voient-elles seulement ?
La distance a tant déchiré...
Comprendront-elles un jour mon absence?
Cette longue marche non loin d’elles mais de toi? 
Je les savais là, au chaud en moi, au creux de moi...


Leur lien avec leur papa est fort… mais rien à voir, tu vois,
Il ne m’en veut pas, c’est juste qu’il ne comprend pas,
Ma douleur, mes absences, comment aurais-je pu lui imposer cela ? 
Il est heureux, je crois,


J’ai accepté ton départ, j’ai accepté qu’il me faille vivre sans toi,
Mais à quel prix, papa ?
Il fallait que j’y croie, que j’intègre ta disparition dans mon moi,
Mais au détriment des autres, au détriment de ma vie, parfois,
Je suis restée debout, tu peux être fier de moi 

 

 

 

 

Par Capu
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Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /Déc /2009 16:45

Vous m’avez voulue au présent simple, ne rien composer, ne rien prévoir,
Profiter de cet instant qui nous était donné,
J’ai cru, espéré, un moment que ma marche me conduisait vers vous et non vers moi,
Je n’avais peut-être pas déversé toutes mes larmes l’hiver passé, ma baudruche n’était pas complètement dégonflée,
Il me restait encore suffisamment de tristesse à expier pour que je vous rencontre cet hiver-là,
Je me croyais plus forte encore une fois, sûre de moi, avec ma baguette et mes ailes de fée, 

Abracadabra

Qui voulez-vous que je sois, dîtes-le moi, je le ferai pour vous,
J’étais princesse à la robe tournoyante, je suis fée aux ailes prêtes à se déployer,
Je me rêverai femme oiseau, accolée à vos côtés,

Mais vos yeux resteront rivés sur ces montagnes qui me dépassent, sur les cieux,
Comment lutter allongée en travers de la route enneigée?

 

Vous vous êtes envolé, harnaché, les pieds dans le vide et la tête casquée vers vos projets bien ficelés,
Je me suis emmêlée dans mes fils et mes contes de fée,
Mon futur a débordé sur mon présent, mon passé ne l’a pas supporté,

Mon éclat est tombé, la pluie fait pleurer les couleurs de mon visage,
Je me vois délavée dans ce miroir que vous ne souhaitez plus me tendre,
Tous mes brillants sont dispersés, je ne pourrai les ramasser parmi ces milliers de débris d’eau glacée,

 

Comment vous retenir sans éclat ?
Je ne saurai pas ce que vous avez pensé de moi, ce que vous avez retenu de cette histoire-là,
J’aurais aimé que cela ne m’importe pas,
A quel moment avez-vous inscrit la fin, sur quelles fenêtres givrées? Je veux voir les traces de vos doigts,


Je suis la princesse des histoires qui s’envolent vers les cieux, des non dits et des remords,
Vous m’avez laissée nue et refroidie dans mes habits de petite fille,
La neige des pays froids n’est rien d’autre que de la pluie glacée, je crois,

 

J’ai perdu le combat. Je suis tombée, malgré moi,
Je sens la colère, je sens la tristesse, je ne sens plus rien,
Qu’avez-vous deviné de moi ? Je ne vous avais fait aucune demande, je crois, 

 

Qui a claqué des doigts ? Quelle est cette autre fée qui vous a réveillé par un baiser?
Qu’elle vienne se mesurer à moi, je suis haute comme trois pommes mais j’ai déjà mené des combats plus périlleux que cela,

 


Je lève les yeux vers vous, vous êtes si haut, comment me hisser?
Tant d’efforts que je ne pressentais pas pour vous suivre, pour devenir votre présent,
La pente était si raide, j’ai eu le vertige,
Je vous vois courir puis sauter, vous envoler dans le ciel, au loin, loin de moi, vers ce pays merveilleux dont je ne rêvais même pas et qui maintenant qu’il m’est fermé me semble le plus doux des baisers,
Vous n’êtes plus qu’un petit point déjà,

Me direz-vous si vous le voyez là-haut ?

Je prierai pour vous, pour que votre toile retienne votre chute et que vous atterrissiez où vous le souhaitez,
Puis-je prier pour vous ? Espérer ?

 

La magie ne dure jamais qu’un instant

Par Capu
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Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /Déc /2009 10:30

Arrêtez-vous, je vous en prie!
Je veux vous séduire, je veux que vous ayez besoin de moi,
Je ne pense pas plus loin,
Plus loin je ne sais pas,
Je vous veux juste vous, pour ce que vous représentez pour moi,
Vous êtes un présent qui me convient parfaitement,
Arrêtez-vous et écoutez mon chant,

Il était une fois, dans une contrée lointaine, un pays où les neiges devraient être éternelles,
Il était une fois un homme assez fou pour espérer rejoindre les cieux,
Il rencontra sur son chemin, une petite fée qui lui barra le passage de toute sa hauteur,
Ses ailes étincelaient de mille feux,
Comment ne pas être charmé quand on est homme volant?

 

Quel est votre nom ?
Votre vie n’a rien à voir avec la mienne,
J’admire votre carrure, votre allure,
Vos deux pieds sont bien implantés dans cette terre qui recouvre mon père et votre regard fixe les airs,
Vous êtes résolument ancré dans ce présent que je ne sais retenir,
Je ne suis jamais dans le maintenant,
J’ai toujours un train d’avance, ou de retard,
Je suis une échappée,
Je rêve mon passé en délavé et mon futur me happe par ses odeurs alléchantes,
Mon présent m’échappe, je ne le comprends pas, il est l’écume que je ne retiens pas,

 

Soyez mon présent,
Votre passé se tient en quelques mots, échangés près de cette cheminée, feu ardent et chaleur étouffante,
« Voilà vous savez tout de moi »,
Cette phrase m’ébahira de longs mois,
Comment se résumer à cela ?
Vous vous en tenez aux faits, je n’y ai jamais cru,
Vous êtes dans le concret, je ne me fie qu’à mes ressentis,
Vous me décrivez votre futur, vos projets : voler,
J’ai le vertige,
Vous êtes là en face de moi, dans ce café en bois,
Vous n’êtes là que pour moi,

Je me rappellerai chacune de vos phrases, de vos certitudes,
Vos regards resteront ancrés en moi,
J’ai retrouvé un toit, une corniche à laquelle m’accrocher, un miroir où me refléter,
Cela m’aurait suffi, je crois,
J’aurais osé enlever mes bandages devant vous, je n’aurais pas frissonné dans ma nudité.

 

Par Capu
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Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /Déc /2009 21:09

Je marche vers moi, loin de toi,
Je me sens pousser des ailes,
Je quitte mon pays, je quitte ta patrie, pour mieux me retrouver,
Je suis à l’étranger, dans un pays glacé, un pays de conte de fée,


Je ne suis pas si solide que cela,
Que croyais-tu papa ? Que je me relèverai comme cela, que personne ne viendrait se substituer à toi ?
Je t’ai cherché partout, si loin,
Un regard, un sourire, une carrure, une allure,
C’est toi, je te vois, attends-moi!
Je t’ai trouvé cet hiver-là,
Sur le moment je n’ai pas compris, cette attirance, ce besoin d’aller vers vous là-bas,

 
Attendez-moi!

 
Cet élan vers vous, vers cet autre que toi, est plus fort que moi,
Quelle est cette force qui m’a poussée vers vous, je ne comprends pas,
Je vous ai vu plusieurs fois, dans ce café en bois, assis près de la cheminée,
Rien ne transparaissait, vous ne me transperciez pas, vous n’existiez pas encore pour moi,
Vous étiez un étranger à l’accent que je ne comprenais pas,
Un coup, un éclat, je vous vois,


Regardez-moi !

Faites-moi exister ne serait-ce qu’un moment,
Laissez-moi, telle clochette, déverser mes paillettes sur vous,
J’ai tant besoin de ressentir, de vibrer à nouveau,
Tendez-moi votre miroir, le mien s’est brisé,
Je voudrais me voir comme avant, ne serait-ce qu’un instant,
Donnez-moi votre Présent,


J’ai ce besoin que vous me regardiez, que j’existe pour vous,
Ce besoin si fort, cette force de vie me fait faire des folies, 
Je suis là en travers de votre chemin, vous ne pouvez me manquer,
Je suis là, partout autour de vous,
Je laisse l’empreinte de mes pas dans votre neige si rare cet hiver-là,
Par hasard devant chez vous, par hasard à côté de vous,
Là, oui là, c’est moi,


Abracadabra
!

 
Vous allez devenir mon « toi », je le sais, je le sens,
Je mène cette histoire à la baguette,
Le scénario me semble bien ficelé et qu’importe si les dernières pages sont blanches encore,
Je saurai nous les écrire,


Je me suis crue au-dessus de vous, mais comment tirer les baguettes si toutes les ficelles s’emmêlent?


J’ai eu ce besoin viscéral d’exister pour vous, pour que vous deveniez mon toit,
Abritez-moi un instant,
Laissez-moi me reposer vers vous, reprendre quelques forces durant cette si longue marche vers moi,


Vous vous arrêterez, il ne peut en être autrement,
Tant que cette force sera en moi, je ne crains rien, j’arriverai à mes fins,
Je sais que vous vous arrêterez face à moi,
Que vous ne me renverserez pas sur votre chemin,


Dévisagez-moi!



Ces éclats de vie qui brillent au fond de moi, ces paillettes, vous émouvront et vous donneront l’envie de moi,


C’est un moment de grâce que j’ai connu avec vous, cet hiver-là, cet hiver qui n’est pas froid, même là-bas,
Je brûle pour vous,
Vous m’enflammez,
Je deviens incandescente à votre contact,
J’ai tellement besoin que vous, que j’ai désigné, que j’ai reconnu, vous arrêtiez pour moi et me fassiez exister,
Tendez-moi vos yeux pour que je me voie à nouveau,
Je ne me reconnais plus,
Devenir à nouveau la plus belle, ne plus voir ces ridules de douleur sur ma peau de bébé,
Effacez ces sillons par votre regard tendre,
Je veux retrouver ma peau blanche et mon visage d’ange,

 

J’étais statue de pierre, je me réveillerai sous vos caresses et je deviendrai celle que l’on brûle sur le bûcher.

 

 

Par Capu
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Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /Déc /2009 17:36


J’entame cette marche vers moi, loin de toi,
Je dors sous tente et le soleil dirige ma route,
Ma peau brunit sous le soleil, comme une douce brûlure,
Mes cheveux s’éclaircissent retrouvant la blondeur de mon enfance,

Je suis bien loin de toi,
J’ai chaud en moi.

La route guide mes pas, marcher me libère de toi,
Mes pas martèlent le sol et effacent tes traces, je retrouve mes repères, doucement : je m’arrête quand je suis fatiguée, et bois à même le torrent, étanchant la soif que je n’avais plus,
Je nourris ma faim de ce que trouvent mes mains, je me remplis de bruits autres que ta voix,
Et vois-tu, tu disparais déjà,

Je n’ai pas peur, Woody le chien est là, et sous la couche je ne ressens plus le petit pois que tu avais placé sous moi,

Je ne suis plus ta princesse, Regarde-moi !
Mes jambes sont pleines de cette terre qui te recouvre, mon visage est couvert de la poussière que tu es devenu,
J’ai tant marché, tant marché pour te quitter,

 

Quand ai-je cessé de rêver de toi ? Quels rêves se sont substitués à toi ?
Je suis dans le ciel, poussée par le vent, au-dessus de moi une toile retient ma chute,
Es-tu au-dessus de moi ?
Qu’importe que tu me voies et qu’importe ce que tu en penses,
Je n’ai pas le vertige, je me suis élancée sans crainte du haut de la falaise, je ne crains pas la chute et je courrai dès que mes pieds se poseront sur le sol,


Je n’ai plus peur quand vient le facteur, J’ai remis mon portable à jour, Je ne crains plus de voir ta veste dans la penderie ou de passer devant ta place de parc en ville,
Je cesse de torturer Elisa, «Te souviens-tu de grand-papa ? »,
Je ne pense plus à ton gratin dauphinois, aux tomates du potager,

Je  n’ai plus peur de quitter l’autoroute,
Regarde ! Je suis déjà au péage, je vais suivre ce petit chemin de campagne, me laisser guider au gré du vent,
Je me poserai où je pourrai éclore, là, au milieu des fleurs,

Je ne sais pas quand vous pourrez venir me chercher, mais je rentrerai, je vous le promets,
J’ai foi en moi.

 

Par Capu
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Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /Déc /2009 08:18

J’ai passé mes dix-sept premières années cloîtrée dans ce château doré,
Je ne savais pas que dehors il faisait froid et que tout le monde ne m’aimerait pas,

Je t’ai donné mes dix-sept autres années,
Qui veux-tu que je sois ? Dis-le moi, je le ferai pour toi,
Pour me faire pardonner le mauvais sang que tu t’es fait pour moi,
J’esquisserai mes premières rides, je n’aurai pas l’angoisse de la page blanche, tu verras,

J’aurai fait ce que j’ai pu pour toi, pour adoucir ta peine, pour que tu puisses partir sans inquiétude,
je vais bien, regarde, ne t’en fais pas.

 

A l’aube de ma troisième vie, j’entame cette marche vers moi,

Mes filles grandissent, je m’éloigne de ma famille, de quoi ai-je envie ?

Cette infinité de possibles m’étourdit,
Tous ces gens, ces gens me croisent, me regardent me parlent mais où étaient-ils durant ces années-là ?
Je ne les ai pas vus, je crois,
Mon univers c’était toi, ma maison, cet hôpital, et les gens que je croisais portaient tous des blouses blanches,
Les bandages sur mon visage m’empêchaient de voir au-delà.

 

Par Capu
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Dimanche 6 décembre 2009 7 06 /12 /Déc /2009 09:32

Janvier 2007. Un an déjà. Cet hiver n’est pas froid, il n’y aura pas de neige pour y laisser l’empreinte de mes pas,

Je marche. Je décide de marcher vers moi, loin de toi. Avez-vous compris Laurent, Zoé et Elisa ? Ce besoin de marcher, d’avancer, d’aller où me porteront mes pas,

Ce n’est pas contre eux, tu vois, ce n’est pas contre vous, c’est juste pour moi,

 

Je suis partie déjà. Les adieux ne seront jamais pour moi. Suis-je une mauvais mère, une mauvaise amante ? Ai-je été une bonne fille pour toi ?

Qu’as-tu su de moi ? Qu’as-tu deviné ? Je regarde Zoé et Elisa : sacrifierai-je leur bonheur à ma tranquillité ?

Ai-je seulement imaginé tes attentes envers moi, tu ne me les as jamais dites, je crois,

Je pense à moi. M’aurais-tu suivie, épaulée si j’avais pris ces chemins de traverse ?

Le théâtre, les amours volages, qu’importe, m’aurais-tu suivie, papa ?

 

Je ne sais plus, vois-tu, lequel de nous suivait l’autre, lequel de nous protégeait l’autre. Il m’aura fallu ta disparition pour couper notre lien, ma chair est à vif, les bandages n’empêchent rien,

Il aura fallu que tu n’existes plus pour que j’existe enfin,

Je suis là, aujourd’hui, prête à renaître à moi, et je me demande si le mauvais sang n’a pas été un prétexte pour moi. Tu es mort jeune, j’ai dû vivre vite, mais ai-je vraiment vécu ? Ma vie est là devant moi, je m’apprête à en dessiner son tracé, je me dirige comme je peux, suspendue à ma toile, correctement harnachée mais les pieds dans le vide,

J’ai dix-sept quand je me trouve brutalement mise au monde, sans protection ni munition. Où est la douceur, où est le réconfort ? J’ai envie de vivre bien sûr, mais comment me diriger sans boussole, comment dormir sans abri,

Peut-on préférer le froid à la douceur ?

Par Capu
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Samedi 5 décembre 2009 6 05 /12 /Déc /2009 22:20

Je regarde mes filles jouer. Princesses et contes de fée. Je me force à les regarder, j’aimerais tant prendre conscience de la chance que j’ai, j’aimerais tant trouver du bonheur dans votre simple présence,
Je n’y arrive pas.

Je vous aime mes chéries mais je n’ai pas envie de m’occuper de vous. Vos demandes m’exaspèrent, vos cris me hérissent. Je manque de patience. Le soir, dans mon lit, je regrette mon manque d’envie, ce peu de tolérance. Vous me manquez au point que j’ai besoin de vous réveiller,
Je vous ai réveillées parfois.

Vous souvenez-vous de nos réveils nocturnes ? Venez, venez me rejoindre dans mon lit mes puces, petits yeux hébétés, émergez de vos songes, mes belles, venez nous allons faire des crêpes, nous allons lire des histoires, sortez la peinture, la pâte à modeler, maman est là, regardez, je suis là, heureuse et disponible, mais réveillez-vous, réveillez-vous !

Trois fantômes en chemises de nuit dans la cuisine, trois âmes qui se cherchent,
« Tu es sûre que ça va maman ? ».

Frottez, frottez vos yeux mes chéries, maman est là, profitez-en, cela ne durera pas.

 

Par Capu
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Samedi 5 décembre 2009 6 05 /12 /Déc /2009 09:18

Février 2006, le facteur est passé. Toutes ces enveloppes, liserés noirs, je ne savais pas, je n’imaginais pas le réconfort que pouvaient procurer certains messages, calme après la tempête. Certains mots d’autrui m’apaisent tant. Je regrette mes absences pour les morts des autres, mes mots à moi me semblent si usés, je les ai tant utilisés.

Le courrier s’amoncelle, factures, lettres, j’ai encore le réflexe de t’appeler, tu vois, portable allumé, doigts sur le clavier, mais tu n’es plus là pour me dire quoi écrire, que répondre, le courrier s’amoncelle comme autant de preuves de ton absence et je n’arrive pas à supprimer le nom sur mon clavier.

Tout me rappelle à toi, tu vois. Ta voiture dans le garage, tes vestes dans la penderie, tes chaussures, ton savon sur le bord de la baignoire. Le message de ton répondeur,cette amende te montrant en photo, flashé au radar en Italie plusieurs mois plus tôt, ton mot de passe sur l’ordinateur.

Je débarrasse tout. Grands sacs. Se débarrasser de toi, effacer les traces, ce serait si facile.

Maman ne m’aide pas. Elle quémande « Laisse au moins une veste de la penderie… on dirait qu’il est parti en voyage ». Ben oui, on n’a qu’à dire ça. On dirait que je suis sa fille et que je m’en sors bien, on dirait que je vis ma vie et que tout va bien, on dirait que j’oublie et que je poursuis mon chemin.

Je redoute les couchers, le sommeil qui ne vient pas puis qui s’impose violemment. Mes rêves sont lourds de toi. Il n’y a pas une nuit où je ne rêve de toi. Les matins me giflent à chaque fois. Chaque matin me gifle et me fait perdre la foi.

 

Par Capu
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